Grado

Tu veux un son ouvert, naturel et artisanal pour écouter ton vinyle à la maison ? Grado fabrique ses casques et cellules phono à Brooklyn depuis 1953, avec une approche familiale et manuelle qui a fait du SR60 une légende accessible.

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Grado : l’artisanat audiophile de Brooklyn depuis 1953

Si tu cherches un casque pour le métro ou un TWS avec ANC, passe ton chemin. Grado, c’est l’antithèse de l’audio grand public. C’est une marque pour l’audiophile puriste, celui qui écoute du vinyle dans un salon calme et qui valorise un son ouvert, clair et direct, façonné à la main dans le même atelier de Brooklyn depuis trois générations. Ici, pas de Bluetooth, pas de réduction de bruit, pas de design futuriste. À la place, tu as un héritage technique monumental dans les cellules phono, une philosophie sonore unique centrée sur la musicalité naturelle, et un catalogue de casques ouverts qui commence avec le légendaire SR60 à moins de 200€. Grado s’adresse à toi si tu veux une expérience d’écoute immersive et détaillée, sans compromis sur l’isolation (il n’y en a aucune) ni sur la modernité sans fil. C’est un choix de passionné, pas de commodité.

Histoire et origines

L’histoire de Grado commence en 1953 sur une table de cuisine à Brooklyn, New York. Joseph Grado, un horloger d’origine sicilienne ayant travaillé chez Marantz et Sherman Fairchild, fonde Grado Labs. Passionné d’audio, il se lance dans la fabrication de cellules phono (les cartouches pour platines vinyle) et devient un pionnier, inventant les premières cartouches stéréophoniques à bobine mobile. Son travail est si influent qu’il dépose plus de 48 brevets et est intronisé au Temple de la Renommée Audio en 1982. L’entreprise se concentre d’abord sur les cellules, lançant même la première à dépasser les 1000$ en 1976. C’est à la fin des années 1980 que Joseph développe le premier casque électrodynamique haut de gamme de la marque, posant les bases de sa future identité. En 1990, son neveu John Grado prend les rênes, vivant même au-dessus de l’usine située sur l'emplacement de l’ancienne épicerie familiale. C’est lui qui lance la série Prestige, dont le SR60 deviendra un produit culte, multipliant les récompenses. Aujourd’hui, Jonathan Grado, fils de John, perpétue l’entreprise familiale, refusant l’automatisation pour préserver un savoir-faire artisanal et un son qu’ils estiment « authentique et vivant ».

Catalogue et gammes

L’offre de Grado est volontairement ciblée et reflète ses racines. Elle se divise en deux piliers : les cellules phono, cœur historique de la marque, et les casques audio, tous ouverts à de rares exceptions près. Tu ne trouveras pas d’écouteurs True Wireless, de casques gaming ou de modèles studio fermés chez eux.

  • Série Prestige (SR60x, SR80x, SR125x, etc.) : Le point d’entrée et la gamme la plus célèbre. Ces casques ouverts offrent la signature sonore Grado à des prix très accessibles, souvent entre 100€ et 300€. Le SR60x reste une référence incontournable pour débuter en audiophilie.
  • Série Professionnelle (SR325x, RS1x, RS2x) : Le milieu et haut de gamme, avec des matériaux plus nobles (bois d’acajou pour les RS), un raffinement sonore accru et des prix qui peuvent monter au-delà de 1000€ pour les modèles RS1x.
  • Cellules phono (séries Prestige, Professionnelle, Statement) : L’ADN de la marque. Elles utilisent la technologie Moving Iron développée par John Grado, réputée pour un son dynamique et mélodieux, avec des modèles allant d’une centaine d’euros à plusieurs milliers pour les références signature.

Ce qui fonctionne

  • Une signature sonore ouverte et engageante : Le son Grado est immédiatement reconnaissable : une scène sonore large, des aigus détaillés et brillants, et un médium très présent qui donne une impression de proximité avec la musique. C’est un son « vivant » et direct, parfait pour le rock, le jazz et la musique acoustique.
  • Un héritage et un artisanat uniques : Peu de marques peuvent se targuer d’une telle continuité familiale et d’une production encore entièrement manuelle à Brooklyn. Cet aspect artisanal se ressent dans la personnalité des produits, loin de l’uniformité de la production de masse.
  • Un rapport qualité-prix exceptionnel à l’entrée de gamme : Le SR60x (et son grand frère le SR80x) offre une performance sonore qui rivalise avec des casques bien plus chers. C’est probablement le meilleur moyen de découvrir l’écoute ouverte et le son audiophile sans se ruiner.

Ce qui coince

  • Zéro isolation et fuite sonore importante : C’est la contrepartie obligatoire du design ouvert. Tu entends tout ce qui se passe autour de toi, et tout le monde autour de toi entend ta musique. Ces casques sont inutilisables dans les transports, au bureau ou en présence d’autres personnes qui souhaitent du calme.
  • Un confort parfois discutable : Le design vintage et les coussinets en mousse (souvent durs) ne conviennent pas à tous les crânes et oreilles. Les modèles d’entrée de gamme peuvent devenir inconfortables lors de longues sessions d’écoute, un point où des concurrents comme le Sennheiser HD 599 excellent.
  • Absence totale de modernité : Pas de Bluetooth, pas d’ANC, pas de micro, pas de commandes intégrées. Grado assume un positionnement purement analogique et filaire. Si tu veux un casque pour ton smartphone en déplacement, il faut regarder ailleurs, vers un Sony WH-1000XM5 par exemple.

Face aux alternatives

Comparer Grado, c’est comparer une philosophie. Face à un Beyerdynamic DT 990 Pro, le choix est net. Le Beyerdynamic est un outil de monitoring : son son est plus neutre, analytique, avec des aigus parfois perçants. Le Grado est plus « fun », plus musical, avec des médiums plus charnus. Pour mixer, le DT 990 Pro est plus adapté. Pour se faire plaisir sur un bon vieux vinyle de rock, le Grado gagne. Face à un Sennheiser HD 600/650, la différence est dans la présentation. Le Sennheiser est plus équilibré, plus doux dans les aigus, avec une scène peut-être un peu plus intime. Le Grado est plus énergique et direct. Enfin, si tu veux du sans-fil ouvert, il faut te tourner vers des technologies totalement différentes comme les écouteurs open-ear (Shokz) ou les casques à conduction osseuse, mais le son n’a rien à voir avec la précision et la finesse d’un Grado filaire.

Le verdict MeowChip

Grado est une marque de caractère, pour un public de caractère. Elle est faite pour toi si tu es un audiophile ou un mélomane qui écoute principalement à domicile, sur une chaîne Hi-Fi ou une platine vinyle, et qui recherche un son ouvert, engageant et chargé d’émotion. Le SR60x reste une des meilleures affaires de l’audio pour débuter. En revanche, elle n’est absolument pas faite pour toi si tu as besoin d’isolation, de mobilité, de fonctionnalités sans fil ou d’un son parfaitement neutre pour le travail en studio. C’est un choix passionné, un peu à l’ancienne, qui assume ses défauts autant que ses qualités. Chez Grado, on n’achète pas un casque, on adopte une philosophie de l’écoute. Si cette philosophie te parle, peu de marques sauront te donner la même sensation de connexion directe, presque artisanale, avec ta musique.

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